Phonopolis est un jeu d’aventure narratif développé et édité par Amanita Design. Il est disponible depuis le 20 mai 2026 sur PC. Ce test est basé sur une version Steam achetée par nos soins, jouée sur PC et Steam Deck.
Table des matières
Une dystopie en carton, entre Orwell et théâtre absurde
Phonopolis vous place dans la peau de Felix, un jeune éboueur qui vit dans une ville entièrement soumise à la voix du Leader. À Phonopolis, les habitants obéissent aux consignes diffusées par des haut-parleurs omniprésents. Tout le monde travaille, marche et pense dans le même sens, jusqu’au jour où Felix met la main sur un casque qui le libère de cette influence sonore.
À partir de là, l’aventure prend la forme d’une résistance presque involontaire. Felix n’a rien d’un grand héros révolutionnaire. C’est justement ce qui le rend attachant. Il se retrouve embarqué dans une histoire plus grande que lui, face à une ville qui file droit vers l’Absolute Tone, une fréquence censée priver définitivement les citoyens de leur humanité.
Le jeu évoque forcément Orwell, la propagande, le contrôle social et les régimes autoritaires. Pourtant, Phonopolis ne devient jamais lourd ou démonstratif. Amanita Design garde son goût pour l’absurde, les personnages étranges et les situations presque burlesques. C’est une dystopie, oui, mais une dystopie de carton, de bruitages, de regards perdus et de petites scènes absurdes. Et c’est précisément ce mélange qui rend le jeu aussi fort.
Un point and click simple, mais toujours inventif
Côté gameplay, Phonopolis reste dans la grande tradition des jeux d’aventure d’Amanita Design. On explore des décors, on observe, on clique, on récupère quelques objets, on déclenche des mécanismes et on résout des énigmes souvent très visuelles. Le jeu ne cherche pas à vous perdre dans des inventaires interminables ou des combinaisons improbables. Il préfère miser sur l’observation et sur l’interaction directe dans une scène bien cadrée.
Les énigmes sont rarement très difficiles, mais elles sont presque toujours bien intégrées au décor. On manipule des machines, on détourne des haut-parleurs, on bouge des éléments en carton, on joue avec les ordres donnés aux habitants et on avance par petites idées. Le jeu garde ce plaisir très particulier des productions Amanita.
Des puzzles qui racontent la ville
Ce qui fonctionne très bien, c’est que les puzzles ne donnent jamais l’impression d’être posés là pour remplir. Ils racontent Phonopolis autant que les dialogues ou les cinématiques. La ville est organisée autour de l’obéissance, du son, du rythme collectif et de la propagande. Le jeu vous demande donc souvent de perturber cette mécanique, de détourner un ordre ou de faire dérailler une routine.
Cela donne des situations très drôles où un simple geste suffit à casser toute une mise en scène. Phonopolis n’a pas besoin d’être complexe pour être intelligent. Il sait créer des moments où l’on sourit parce que la solution paraît à la fois logique et absurde.
Une direction artistique absolument sublime
Visuellement, Phonopolis est une claque. Le jeu est construit comme une ville en carton peint à la main, numérisée ensuite en 3D. Chaque décor donne l’impression d’avoir été découpé, plié, collé, peint puis animé avec une patience folle. C’est beau, mais surtout c’est unique. On reconnaît immédiatement la patte Amanita Design, tout en sentant que le studio va ici encore plus loin dans la fabrication artisanale de son univers.
Le jeu puise dans le constructivisme, le futurisme et le suprématisme, avec une esthétique de propagande qui colle parfaitement à son propos. Les affiches, les formes géométriques, les couleurs, les machines et les architectures donnent à Phonopolis une identité folle. On pense à un vieux film d’animation d’Europe de l’Est, à une maquette politique devenue vivante, ou à un théâtre de papier qui aurait avalé un cauchemar totalitaire.
A noter que le jeu tourne parfaitement sur Steam Deck, ce qui est surement la meilleure façon d’en profiter.
Côté audio, le jeu est tout aussi remarquable. La musique de Tomáš Dvořák, alias Floex, accompagne parfaitement cette ville sous contrôle. Elle sait être douce, inquiétante, mélancolique ou presque mécanique selon les scènes. Les sons ont aussi une importance énorme, puisque tout le jeu tourne autour de la voix, des haut-parleurs et du pouvoir du son. Privilégiez le casque pour en profiter pleinement.
Un immense coup de cœur en carton peint
| Phonopolis est un immense coup de cœur. Amanita Design signe une aventure courte, mais d’une densité artistique folle, avec une direction artistique sublime, une vraie satire politique, des puzzles intelligents et une ambiance sonore remarquable. Le jeu ne cherche pas à impressionner par sa durée ou par sa complexité. Il impressionne par sa cohérence, sa personnalité et sa capacité à transformer du carton, du son et quelques idées simples en une œuvre absolument magnifique. | |
C’est pour vous si…
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Ce n’est pas pour vous si…
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Note : 5/5
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FAQ sur Phonopolis
Phonopolis est-il un point and click classique ?
Oui, dans son approche générale. On explore, on observe et on résout des énigmes, mais le jeu mise surtout sur des interactions très visuelles et sur son univers en carton.
Le jeu est-il difficile ?
Non. Les énigmes demandent surtout de l’observation et un peu d’expérimentation. Phonopolis cherche davantage à surprendre qu’à bloquer le joueur.
Phonopolis fonctionne-t-il bien sur Steam Deck ?
Oui. Le jeu se prête très bien au format portable.
Faut-il connaître les anciens jeux d’Amanita Design ?
Non. Phonopolis se découvre très bien seul. En revanche, si vous aimez Machinarium, Samorost ou Creaks, vous devriez retrouver ce goût pour les mondes étranges et les puzzles visuels.
Le jeu est-il disponible en français ?
Oui, Phonopolis propose des textes en français.
On en parle ensemble ?
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